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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Spinning Jenny

Objets de curiosité
Spinning Jenny, photo The Saleroom
L’origine du mot « spinning jenny » est bien sûr anglaise, ça saute aux yeux !
 
Inventée en Angleterre en 1764 par James Hargreaves, une « spinning jenny » est un métier à filer le coton, comportant huit quenouilles actionnées par une seule roue, apte à produire simultanément huit fils de coton. "Jenny" était le nom de sa fille et c’est en la voyant tomber, emportant avec elle son rouet, qu’il eut l’idée de modifier un rouet simple. 
 
En Art Populaire, une « spinning jenny » est un petit automate, réalisé en os de cétacé ou en ivoire marin. 
Cette sculpture en trois dimensions représente toujours une lady anglaise, coiffée de son traditionnel chapeau haut à lacets et revetant une robe de style Empire.
Cette coiffe traditionnelle celtique serait un dérivé de la coiffe bigoudène. 
Il est aussi évoqué l’hypothèse que cette coiffe pourrait appartenir au costume des brodeuses bretonnes qui se réunissaient chaque année à Pont l’Abbé, évènement toujours d'actualité de nos jours. 
 
Revenons à notre automate. 
Installée à son métier, Jenny file le coton, mise en action par une petite manivelle.
Sachez qu’il existe des modèles avec un seul personnage et d’autres plus rares, possèdant de nombreux personnages disposés sur deux niveaux distincts. Jenny, figure principale et emblématique, est toujours positionnée en haut et au centre de la composition. 
Généralement placée à l’arrière de la sculpture, une petite manivelle permet de faire fonctionner un petit système de rouages à crans situé sous l’automate. En actionnant la manivelle, le rouet tourne, un bras et la tête de notre Jenny bougent aussi. 
 
Ce type d’objet curieux et plutôt rare est un travail dit « de ponton ». 
En effet, lors des guerres napoléoniennes, de très nombreux soldats français ont été fait prisonniers par l’armée anglaise. Les guerres révolutionnaires laissèrent aussi aux mains des anglais de nombreux captifs et corsaires. 
Les prisonniers français étaient emprisonnés sur les pontons de vieux navires de guerre anglais désarmés, ancrés dans les ports de Plymouth, Chatham et Portsmouth. Les anglais les laissaient ainsi, oisifs et désoeuvrés, mourir à petit feu. 
Pour occuper le temps et gagner un peu d’argent, certains ont réalisés ces charmants petits automates, avec la matière première la plus facile à trouver sur un bateau. 
Ce travail de ponton, expression d'une forme d'art naïf, englobe d’autres réalisations telles que des maquettes de bateaux, des statuettes, des coffrets et des jeux. 
Il ne faut pas oublier que malgré son nom anglais, la « spinning jenny » est avant tout un objet français. 
 
Pour la plupart, elles ont été réalisées autour de 1800, sous le 1er Empire. 
Elles mesurent toutes à peu près 15 cm de haut et peuvent avoir été polychromes.
Comme tout objet ancien et fragile, il est important de bien l’inspecter avant de l’acheter : nombreuses sont les restaurations et attention aux manques ! Vérifiez bien que l’automate fonctionne, c’est essentiel !
 
BIBLIOGRAPHIE 
 
-Bibli. Edith Mannoni "L'Amour des ivoires", 
édition Charles Massin
 
-Jon Baddeley "Antiquités nautiques", 
éditions ars Mundi 

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