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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Enclumette de faucheur

Outils et instruments des métiers d'autrefois
Le faucheur par Julien DUPRE (1851-1910)
Les 5 accessoires indispensables au faucheur sont, avec la faux, une enclumette, un marteau sans angles saillants pour battre la lame, une pierre à aiguiser et son étui de ceinture. (Voir article sur les coffins publié sur le site)
 
Au cas où, voici un petit rappel : la faux ou faulx est un outil manuel longtemps utilisé pour faucher l'herbe ou les céréales.
Une enclumette de faucheur est une petite enclume métallique portative dont le faucheur se sert comme d’un support lors du battage du tranchant de la lame de sa faux lorsque le taillant est perdu.
Bref, je simplifie : quand la faux ne coupe plus, il faut l’affûter de nouveau et l’enclumette permet, entre autres, de rendre à nouveau la lame de la faux coupante. 
L’expression qui en découle est : « battre la faux ».
 
Techniquement parlant, et pour la forme d’enclumette la plus courante, la tige est appointie à la base pour s’enfoncer dans la terre ou dans un billot de bois et élargie à son sommet à la fois en forme de talon sur lequel le faucheur frappe pour l’enfoncer dans le sol pour ne pas endommager la tête et en une penne (ou tête) qui permet le battage de la lame.
Aux 2/5 de la hauteur de l’objet en partant du bas, un œil allongé est percé dans l’épaisseur du métal, dans lequel deux petites tiges de fer plates sont introduites et coudées en forme volute à chacune de leur extrémité. Ce croisillon astucieux repose sur le sol quand l'enclumette est en place et l'empêche ainsi de s'enfoncer plus.
Parfois, cette butée est seulement une tige de métal, dont les extrémités sont écrasées.
Si l’enclumette ne possède pas de talon pour permettre de la ficher dans le sol, le faucheur tape alors sur le croisillon.
L'enclumette peut aussi être fixée à un billot ou sur un banc, ce qui évite au faucheur de s'asseoir par terre. Vive le confort !
 
Il existe plusieurs formes d’enclumettes. 
Les enclumettes les plus anciennes sont en fer forgé, à la main bien sûr et les plus récentes en acier.
En termes de dimensions, l'outil mesure entre 30 et 45 cm de haut et pèse un poids certain car elle est en métal massif.
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Pour les nostalgiques : en patois provençal, une enclumette de faucheur se nomme une « aireto » et « aira » dans la vallée du Rhône et « lo cisel » en Auvergne.
 
La faux est formée d'une longue lame arquée et effilée mesurant de 60 à 90 cm, qui est fixée perpendiculairement sur un manche relativement long (140 à 200 cm). Elle est munie de deux poignées, l'une à mi-hauteur et l'autre à l'extrémité opposée à la lame.
 
Pour faucher de manière optimum, l’entretien de la lame de la faux est régulièrement nécessaire : il faut d’abord la battre pour tasser le métal puis l’aiguiser pour la rendre coupante.
Après douze heures de fauche, le faucheur doit battre sa faux et toutes les quinze à trente minutes, suivant la résistance des végétaux coupés et la qualité de la lame, le faucheur doit aiguiser sa lame.
Il le fait grâce à une pierre à aiguiser humide conservée dans son étui, le coffin, qui est accroché à sa ceinture.
Cette opération répare les plus fines atteintes au tranchant de la lame et, comme tout aiguisage, enlève une petite partie de métal : c’est ce qu’on appelle l’ébavurage. 
Pour cela, il sépare la lame du manche, s’assied, plante son enclumette entre ses jambes, puis avec un marteau sans angle marqué, il bat par petits coups le tranchant de la lame posée sur une enclumette. A noter : l'axe de l'enclumette peut être incliné du côté opposé au batteur pour plus de commodité.
 
La partie du tranchant à travailler est placée au milieu de la tête de l'enclumette. Le faucheur doit éviter de taper trop souvent au même endroit sinon le tranchant ne reste plus rectiligne et s'il devient trop fin : il peut se fendre. Il ne tape jamais non plus sur le dos de l'enclumette « à vide », c'est à dire sans que la faux soit posée sur son dos, car il risquerait d'abîmer son enclumette.
 
Cette opération est en fait un « forgeage à froid » destiné à affiner le tranchant, réparer les micro-fissures, combler les trous laissés par les éclats de métal partis. Cette opération modèle le métal sans en enlever. Le battage est fini quand le tranchant de la lame plie sous la pression de l'ongle. Il est toujours suivi d'un nouvel aiguisage à la pierre.
Une faux est bien battue si on ne fait plus la différence entre le bord de l'enclumette et le bord de la faux. 
Voici un autre critère d'un bon battage de la lame : on passe l'ongle du pouce sous le rebord de la lame et si la lame ondule, c'est qu'elle est amincie comme une lame de rasoir ! Vous avez alors fait du bon travail !
 
Après avoir battu la lame, il faut de nouveau l'emmancher sur son manche en bois (de préférence), opération souvent réalisée à l’aide d'un étrier.
Tout l’intérêt de l’enclumette, c’est qu’elle permet un d’affûtage sur le lieu même du fauchage ! 

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