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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Fourche arrache-betterave

Objets de la vie pastorale et agricole
« Cet outil de récolte, appelé également « louchet » , utilisé avant la mécanisation, imposait une position très courbée, sa faible hauteur étant destinée à faire levier pour arracher les betteraves au sol lourd, humide et parfois gelé des terres briardes. Utilisé notamment par les saisonniers français ou étrangers (Belges, Polonais…) venus faire « les campagnes de betteraves », il laisse encore aujourd’hui un souvenir douloureux aux plus âgés. »
« En 1884, cette culture fut à nouveau encouragée par les agronomes pour son emploi comme tête de rotation dans l’assolement, cette plante sarclée ayant la propriété d’améliorer la qualité des sols pour les récoltes céréalières lui succédant. Les sols des plateaux du quaternaire de Brie riches en limons étaient en effet favorables à la culture betteravière. Elle fut assez vite mécanisée pour les travaux de labour mais seulement après 1945 pour la plantation et l’arrachage.
Sa récolte manuelle présenta donc longtemps un fort contraste avec le traitement industriel de sa transformation qui couvrit le département de râperies et de sucreries. »
Cette fourche, taille mini (elle ne mesure qu’entre 60 et 70 cm de haut !) fut utilisée sur de nombreuses petites exploitations pour arracher les betteraves sans les abîmer, dans le but de prolonger leur conservation.
Pour s’en servir, il faut planter l'outil au pied de la plante et déterrer le bulbe pour permettre de le tirer par les fanes.
Les journaliers ou les employés qui effectuaient ce travail pénible étaient en général payés à l'arpent de betteraves arrachées, un arpent équivalant à 3333,33 m2.
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Culture de la betterave sucrière : l’ancienne méthode
Dans l'ancienne méthode de plantation des betteraves, les graines étaient plantées (parfois à la main) mais surtout plus serrées, avec seulement quelques centimètres d’écart entre chaque plant. Or,  la betterave a besoin de beaucoup d'espace pour se développer,  il fallait donc éclaircir ou « démarier » les plants dans les lignes de betteraves, pour ne laisser qu'un plant tous les 25 cm environ.
Dès que les petits plants de betteraves avaient atteint 5 cm environ, il fallait démarier les plants et arracher les mauvaises herbes qui envahissaient les champs. A cette époque, on n'utilisait pas encore de désherbant.
Ce sont les travailleurs agricoles, qui, binette à la main et l'échine courbée pendant des heures et des journées, travaillant comme des automates par tous les temps, sans jamais s'arrêter de démarier et de désherber les longues lignes de betteraves. 
L'arrachage des betteraves à la main
Autrefois, l'arrachage des betteraves se faisait à la main, à partir du début octobre. Chaque exploitant était averti par la sucrerie de la date à laquelle il devait livrer ses betteraves à la fabrique, car dès que celles-ci étaient arrachées, elles devaient être transportées le plus vite possible à la fabrique pour être transformées, au risque de perdre de leurs propriétés sucrières.
L'arrachage des betteraves à la main étaient très pénible et fatigant. Pour les arracher, on utilisait une fourche spéciale à deux dents courbées et à manche court. L'arracheur, le dos courbé  pendant de longues heures, prenait le collet de la betterave de sa main gauche et de sa main droite soulevait celle-ci avec sa petite fourche et la jetait sur le côté, mais en ligne. Il fallait ensuite qu’il coupe le collet de chacune.
C'est à la brouette que l'on ramassait les betteraves ainsi décapitées, pour les rassembler en un mont à la lisière du champ. On recouvrait celui-ci de feuilles de betteraves pour que les bulbes ne gèlent pas. Quand le jour de livraison à la fabrique était arrivé, il fallait les charger dans des chariots en bois (appelés « tombereaux ») tirés par plusieurs chevaux. Pour les charger sur ces chariots, les hommes utilisaient des fourches spéciales dont les dents étaient couvertes de boules,  pour ne pas transpercer les betteraves. »
Extrait retravaillé d'un ancien site (plus visible à ce jour) qui évoque la sucrerie de Wez, en Belgique. 

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