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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Siphon à eau de Seltz

Objets du quotidien
Siphon à eau de Seltz émaillé
Avant de découvrir l’objet, un peu d’histoire !
 

Voici un extrait de l’ouvrage « Des boissons gazeuses aux points de vue alimentaire, hygiénique et industriel », de messieurs Hermann-Lachapelle et Ch. Glover, édité par la Librairie scientifique, industrielle et agricole E. Lacroix, à Paris, en 1867, au sujet de l’eau de Seltz.

Eaux de Selters
 
Situé dans le duché de Nassau, sur les frontières du pays de Trêves, à 5 lieues de Francfort et à 41 kilomètres de Mayence, le village de Seltz, Selters, ou Bas-Selters, s'élève à mi-côte d'une riante vallée où sourdent plusieurs sources qui se réunissent dans une espèce de puits ; ce sont les eaux minérales de Seltz ou de Selters. Découvertes vers 1525, elles servirent de boisson ordinaire aux habitants du pays ; puis leur source, comblée pendant la guerre de Trente ans, fut négligée jusque vers le milieu du dix-huitième siècle. Les cures nombreuses qu'elles opéraient attirèrent l'attention des médecins ; les malades y accoururent.
 
es de Selters appartiennent au duc de Nassau. Elles ne s'ouvrent qu'à midi, et de midi à une heure chacun peut y puiser librement et a le droit d'emporter sa charge d'eau minérale. Heureux le paysan aux robustes épaules qui peut emporter ainsi, non seulement la boisson salutaire qui éteindra la soif de sa famille pendant la journée, mais encore une marchandise précieuse dont la vente est toujours assurée ! De une heure à sept heures, les préposés du duc de Nassau puisent seuls pour leur maître, qui, tous les ans, expédie plus d'un million de bouteilles dans toutes les parties du monde, trouvant ainsi, dans une simple source, la plus nette partie de son revenu.
 
Ces eaux sont limpides, transparentes et très pures, malgré le pétillement et le bouillonnement continuels occasionnés par le gaz qui s'en dégagent et s'élèvent sans cesse au-dessus de la source. Elles offrent tous les caractères des eaux minérales acidulées ; leur acidité est très agréable mais elles laissent sur la langue une saveur salée et légèrement alcaline due au sel qui s'y trouve mêlé à l'acide carbonique et qui n'existe pas dans l'eau de Seltz factice.
 
Les vertus précieuses des eaux de Seltz sont aujourd'hui connues de tous les médecins Rafraîchissante, apéritive et diurétique, on emploie ces eaux principalement pour faciliter les digestions et contre les affections aiguës ou chroniques, contre tous les affaiblissements des organes digestifs. 
L'eau de Selters se prend pure ou mêlée au vin ; on la joint aussi au lait d'ânesse ou de chèvre dans les fièvres bilieuses. Mêlée au vin, l'eau de Selters lui donne, avec un goût particulier qui le rend excessivement agréable, le pétillement du vin de Champagne. Elle empêche l'ivresse, excite la gaieté et maintient l'intelligence vive et nette.
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Un siphon moderne
L'invention des siphons révolutionna l'industrie. 
Le débouchage des bouteilles était complexe, inondant presque toujours la table et ne fournissant qu'un ou deux verres d'eau réellement gazeuse. 
Le vase siphoïde, fournissant toujours une eau également saturée, quelque temps qu'on mit à le vider, n'amenant jamais aucun désagrément, pouvant se passer de main en main, fut immédiatement adopté par les consommateurs. 
Les fabriques d'eau de Seltz, obligées alors de posséder un matériel d'exploitation considérable, durent redoubler d'efforts pour faire travailler ce capital ; les cafés et les restaurants qui, au contraire, n'eurent qu'à recevoir ces siphons en dépôt, et à prélever un bénéfice relativement énorme sur l'eau qu'ils contenaient, prirent l'habitude de l'offrir aux consommateurs. 
La vente des poudres gazogènes devenue libre, chaque épicier se fit le dépositaire des paquets Fèvre et la facilité qu'on trouva à préparer ainsi une eau gazeuse à bon marché fit inventer un appareil ménager, qui figura bientôt avec honneur sur toutes les tables bourgeoises.
Il faut savoir qu’en France, l’usage de l’eau de Seltz s’est largement répandu au XIXème siècle avec le développement des théories hygiénistes, particulièrement après l'épidémie de choléra qui a ravagé Paris en 1832.
Bien plus tardivement, l’eau de Seltz a été progressivement remplacée par le Perrier et le Schweppes, jusqu'à disparaître dans une quasi indifférence. 
Aujourd’hui, l'eau de Seltz, la vraie, est de retour sur le marché sous le nom de « Selters ».
Après avoir lu un gros pavé et appris plein de choses, voilà notre objet : le SIPHON.
L'eau de Seltz était conservée dans une bouteille en verre, soufflée à la bouche ou moulée, parfois entourée d'un gros grillage qui était employé pour limiter les projections de verre en cas d'explosion.
Le siphon est composé d’une bouteille en verre pour les plus anciens modèles, d’un siphon métallique, lui-même composé d’un goulot par lequel l’eau sort, d’une poignée « gâchette », qui, une fois pressée, laisse sortir l’eau sous pression et d’un long tube, qui descend jusqu’au fond de la bouteille et aspire l’eau pour l’extraire de la bouteille, sous l’action du gaz.
Pour introduire du gaz, il faut un embout mâle, qui est sur la bouteille, sur lequel on fixe l’embout femelle de la cartouche. Cet embout est joliment caché au sommet de la bouteille, sous un petit capuchon. Certains autres modèles possèdent un embout mâle à l’opposé de la sortie de l’eau, le capuchon qui le masque et le protège peut être relié au siphon par une chaine.
Autrefois, pas de cartouche de gaz! On versait dans les deux becs verseurs, simultanément du bicarbonate de soude et de l'acide tartrique, qui par réaction, produisent du gaz carbonique.
Très souvent et comme indiqué dans l’article ci-dessus, les siphons étaient offerts : voilà de parfaits objets publicitaires.
Ainsi, il existe une infinie variété de noms de restaurants, d’auberges, de bars, de brasseries, de bistrots ou de tout autre débitant d’eau de Seltz.
A noter, on peut quasiment toujours les situer car il y a très souvent le nom de la ville sur la bouteille. Le tout peut être entouré de couronnes feuillagées, d’arabesques, de jolis cartels, d’élégants frontons décorés, gravés au sable le plus souvent (dépoli), parfois moulé ou perlé dans la masse de la bouteille, ou encore émaillé mais c’est plus rare.
Les corps des bouteilles sont torsadés, cannelés, à semi de nids d’abeille, rainurés, ornés de facettes losangiques ou octogonales ou simplement lisses. Les formes des bouteilles elles-mêmes peuvent être différentes : droites, ovoïdes, piriformes, pyramidales.
Les bouteilles les plus courantes sont souvent bleues pâles : c’est l’idée que l’on a de la couleur de l’eau et ça donne envie d’en boire. Cependant, vous pourrez croiser bien d’autres couleurs : rose pâle et foncé, vert pâle et foncé, anis, bleu foncé et cobalt, jaune,  marron, rouge, …
Il existe différentes contenances et donc différentes tailles de bouteilles.
Vers 1900, le « seltzogène » fut inventé. 
On a longtemps continué à fabriquer des siphons, mais plus modernes et publicitaires, avec d'autres matériaux.
Parmi les collectionneurs, il y a ceux qui recherchent les décors riches et rares : soleil, animaux, … et ceux qui recherchent des localités précises.
Il y a sur le marché énormément de siphons à eau de Seltz, mais un très grand nombre à perdu son siphon.

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