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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Taste-vin

Objets du vin et de l'alcool
Ancien taste-vin en argent
Voilà un bel objet lié à la vigne et sa culture.
 
Il fut employé par les hommes, qui le conservaient suspendu à une chaine ou à un cordon et rangé dans une poche du veston, telle une montre de gousset. Il fut aussi employé par les femmes, qui pouvaient le suspendre à l’un des crochets de leur châtelaine, avec leurs clés, ciseaux, …
 
On appelle cet objet par différents noms : « tasse à vin », « goûte-vin » ou « tastevin », « goûte-cidre », « essai à vin », « épreuve », « montre » ou encore « tasse à oreille ».
 
Il s’agit d’un petit récipient bas et circulaire, de 9 à 10 cm de diamètre, servant à goûter et mirer le vin ou le cidre. Le goûte-vin est généralement muni d’une anse ou d’un anneau vertical ou horizontal fixé sur le bord. Lorsque l’anse est verticale, elle est surmontée d’un petit disque horizontal formant appui-pouce ou « poucier ».
 
Il présente en son centre un ombilic saillant et des bords relevés ornés de motifs en fort relief : pampres, cupules et godrons.
Les goûte-vin sont le plus souvent en argent ou en métal argenté, mais aussi en étain, en faïence, et plus rarement en bois en Auvergne ou en verre, particulièrement en Normandie.
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On distingue deux types de tastevins :
 
-le taste-vin appelé « tasse bordelaise »
La tasse bordelaise donne l’apparence réelle du vin, sans aucun artifice, elle n’a ni bord ni anse, ni décor. C’est un récipient tronconique, très évasé et uni, avec un fond hémisphérique fortement convexe, ce que l’on appelle « l’ampoule ». Les bordelais aiment à dire que leur tasse à vin est LE taste-vin parce qu’il possède la même forme depuis l’Antiquité.
 
-la « tasse mâconnaise » ou « bourguignonne », que l’on désigne plus communément par les termes « tastevin » ou « tâtevin ». C’est le modèle le plus courant.
La tasse mâconnaise comporte des cupules et godrons sur ses bords, avec, en son centre une ampoule. Ce type de tastevin est un récipient spécifiquement bourguignon. Ces modèles ont spécifiquement un décor en relief de grappes, parfois jumelé aux godrons.
 
Dans cette catégorie, il existe 3 sous-catégories, qui se reconnaissent à leur anse :
 
-Un type possède une anse horizontale, en forme de boucle, qui pouvait prendre la forme d'un serpent 
 
-un second type possède une anse étirée ou retournée, prenant l'aspect d'une bague prolongeant le corps du tastevin. Ce modèle est apparu au milieu du XVIIIème siècle.
 
-le troisième type est doté d’une anse composée d'un anneau vertical, surmontée d'un appuie-pouce plus ou moins rond sur le dessus de l’anneau, pour y positionner le pouce. Ce modèle est apparu au milieu du XIXème siècle.
Les modèles de la juridiction de Dijon se reconnaissent par leur anse en forme d’un ou deux serpents enlacés dont la tête vient se poser contre le corps du tastevin, au niveau de la lèvre (le bord).
 
Historiquement parlant, le tastevin existe donc depuis toujours ou presque. Il s’est doucement démocratisé à partir du XVIIIème siècle et dès lors les heureux propriétaires prirent l’habitude d’y faire graver leurs nom et prénom. Les tasses à vin en argent se répandirent très nettement à partir du XIXème siècle. Ce fût longtemps un cadeau apprécié.
Aujourd’hui très « collectionnable », le taste-vin en argent est recherché, surtout ceux insculptés des poinçons des « fermiers généraux », les beaux modèles anciens (poinçons du coq ou du vieillard) et encore plus les tastevins patronymiques.
 
A quoi sert le tastevin ?
 
Pour le savoir, il suffit de ressortir celui dont vous avez hérité de votre grand-oncle, le laver et passer à l’action !
Muni de votre tastevin bourguignon, vous êtes prêts à goûter un vin. Il faut remplir la tasse seulement à moitié et solidement la tenir, le pouce posé sur le poucier. En faisant doucement tourner le vin, de gauche à droite puis dans l’autre sens, à la lumière naturelle, le liquide se révèle en passant sur les godrons puis sur les cupules.
Le vin se « farde » et se « défarde » tour à tour, ce qui permet à l’amateur de se faire une opinion sur l’intensité de la « robe » et sur la limpidité du liquide.
Le côté « cupules », que l’on nomme aussi « boules » ou « boutons », qui ne « farde » jamais le vin est appelé « côté acheteur », alors que le côté « stries », aussi appelées « virgules », est le « côté vendeur ».
Ces aspérités, sur les côtés et le fond, servent à brusquer le vin afin de voir son évolution.
Quant à « l’ampoule », elle a son utilité : elle réduit, par le volume qu’elle occupe dans la tasse, la quantité de vin nécessaire pour faire un examen, ce qui est intéressant lorsqu’on déguste un échantillon.
 
Si on fouille un peu le dictionnaire Larousse, on se rend compte que deux objets portent le même nom : « Tâte-vin ou Taste-vin n. m. inv. Tâte-vin :
-Tube pour aspirer, par la bonde du tonneau, le vin qu’on veut goûter.
- Petite tasse plate de métal dans laquelle on examine le vin qu’on va goûter. »
Et oui, un mot pour deux objets et complémentaires de surcroit ! Le premier sert à tirer le vin : on le plonge directement dans le tonneau puis on le laisse « pisser » dans le second, pour le remplir. Ce dernier sert à apprécier le vin, c’est-à-dire le « tâter ».
 
Dernière information et non des moindres : un tastevin ne se lave jamais, il s’essuie et c’est tout !
 
Sources : Objets civils domestiques, C.Arminjon, N.Blondel, p186

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